fév 172003
 

Faye Wong

Je me suis procuré cet album lors de son lancement en 2001 à Hong Kong. Après quelques tentatives d’écoute, il est resté finalement sur une tablette. Cette semaine, je l’ai déposé à nouveau dans le lecteur. À ma grande surprise, j’ai fait la découverte d’une oeuvre importante dans l’évolution de Faye Wong (Wang Fei), mais aussi de la musique en Chine et à Hong Kong. Je ne l’avais pas apprécié au départ, peut-être justement pour cette sonorité différente de la simple chanson canto-pop. Ce disque double de Faye s’écoute avec une oreille attentive aux superbes arrangements musicaux et à cette voix unique qui ne cesse de nous impressionner.

Faye Wong a co-produit cet album. On la sent très présente à travers la musique d’une multitude de musiciens qui font des apparitions selon le type des chansons. Le premier CD comporte 11 titres en mandarin et le second, 5 chansons en cantonnais. La première chanson ouvre la porte à ce qui fait le charme de l’album. Les violons de l’Orchestre symphonique de Beijing se présentent au bon moment comme dans plusieurs des autres chansons, ainsi qu’une basse en avant plan de King Chai. Faye y amène une voix qui rappelle la musique grunge de Seattle, mais toujours à sa façon.

Deux chansons se répètent à deux reprises, en cantonnais et en mandarin. Faye chante toujours mieux en mandarin, sa langue maternelle, comme on peut s’apercevoir avec la 3e pièce qui se répète sur le disque 2. Ce titre rappelle la musique des séries télévisées des années 70, où on retrouve un groove à la basse et une guitare funky qui nous rafraîchissent sur cet album un peu sombre. Deux pièces retiennent aussi mon attention. La 7e nous présente une Faye à la Édith Piaf, la chanson au rythme un peu latin jouée avec une sonorité des cabarets de France. Cette pièce se répète aussi à la fin du premier disque avec seulement une voix et un piano. La 3e chanson sur le disque 2 est aussi intéressante en nous présentant une mélodie comique. La mélodie de Faye est au centre, entourée d’une rythmique fantastique utilisant le plein potentiel de la stéréophonie. Les musiciens s’en donnent à cœur joie et plus particulièrement Rudy Bye à la basse.

L’album coule bien avec des œuvres qui s’enchaînent en nous amenant graduellement un peu plus loin avec les sons. Le 8e titre par exemple, du film Big shot’s funeral, va plus loin dans les sons techno. On ne sait où la voix de Faye s’en va, nous rappelant celle de Björk avec ses mélodies sortant du courant radiophonique. La pièce suivante va encore plus loin dans sa rythmique techno dance et la voix de Dino Zavolta chantant l’opéra. Cette œuvre fut composée par Wu Bai, tout comme celle qui la suit, où il est accompagné de China Blue pour les arrangements dans une sonorité rock qui dégage beaucoup d’émotions.

Les musiciens sont bien utilisés dans toutes les chansons. Ils apparaissent où ils sont le plus confortables. Plusieurs auteurs et compositeurs participèrent aussi à l’écriture, dont Nicholas Tse, son ami de cœur à l’époque.

Certains diront que Faye Wong nous présente souvent un son qu’on a déjà entendu chez certains artistes de l’Ouest. Tantôt elle nous a rappelé les Cranberries ou, à un autre moment, Björk. En fait, elle expérimente à sa façon en adaptant peut-être quelques fois ce qui se fait ailleurs, mais toujours en apportant cette voix unique qui nous ensorcelle. Cet album en est la preuve. Loin du fast-food radiophonique, il n’aura pas fait de grands succès commerciaux. Mais, ce CD traversera probablement le temps comme un album concept important dans l’évolution de la musique en Asie.

  2 réponses sur “Faye Wong toujours en évolution”

  1. C’est une grande artiste Faye

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